Reaction du Président Paul Kagame aux sanctions américaines contre la RDF et quatre généraux
Par Noel Mporebuke
Les États-Unis ont imposé des sanctions à la Rwanda Defence Force (RDF) ainsi qu’à quatre de ses hauts gradés pour ce que Washington décrit comme un « soutien opérationnel direct » au groupe rebelle M23, engagé dans un conflit contre le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC).
Selon le gouvernement américain, ce soutien présumé constituerait une violation de l’Accord de paix de Washington signé le 4 décembre 2025 par le président rwandais Paul Kagame et le président congolais Félix Tshisekedi à Washington, D.C.
Dans une déclaration récente, le président Kagame a critiqué la nature des sanctions imposées à son pays, affirmant que les autorités qui les décrètent ne précisent pas clairement les conditions à remplir pour les éviter. Il a déclaré :« Vous êtes puni sans directives précises, jugé sans normes transparentes et contraint de deviner ce qui satisfera l’accusateur. Ce n’est ni un partenariat ni une démarche équitable. »
Officiers sanctionnés
Les quatre hauts responsables visés par ces mesures sont :
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Le Général Mubarakh Muganga, Chef d’état-major de la RDF
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Le Major Général Vincent Nyakarundi, Commandant des Forces terrestres rwandaises
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Le Major Général Ruki Karusisi, Commandant de la Cinquième Division et ancien chef des Forces spéciales
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Le Brigadier Général Stanislas Gashugi, actuel chef des Forces spéciales
Il s’agit des premières sanctions américaines majeures visant directement la RDF et son haut commandement depuis la reprise des combats entre le M23 et les Forces armées de la RDC il y a près de cinq ans.
Auparavant, en 2023 et 2025, Washington avait déjà sanctionné le général à la retraite James Kabarebe et le Brigadier Général Andrew Nyamvumba.
Nature des sanctions
Le Département du Trésor américain a annoncé que tous les biens et intérêts financiers des personnes sanctionnées situés aux États-Unis sont gelés. Les entités détenues à 50 % ou plus, directement ou indirectement, par ces personnes sont également concernées.
Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a déclaré que le président Donald Trump est un « président de la paix » et que le Trésor utiliserait tous les moyens disponibles pour garantir le respect de l’Accord de Washington. Il a appelé au retrait immédiat des troupes, armes et équipements rwandais de l’est de la RDC.
Allégations américaines
Les États-Unis affirment que la RDF a fourni une assistance militaire directe au M23, notamment des équipements avancés tels que des drones armés et des systèmes de défense aérienne. Washington estime que des milliers de soldats rwandais opéreraient actuellement dans l’est de la RDC aux côtés du M23.
Les autorités américaines accusent également la RDF d’avoir formé des combattants du M23 dans des installations militaires au Rwanda et d’avoir contribué au recrutement, y compris au sein de populations réfugiées.
Le M23, de son côté, a déjà rejeté par le passé des accusations similaires et n’a pas réagi immédiatement aux nouvelles allégations.
Réaction du Rwanda
Le gouvernement rwandais a rejeté les sanctions, les qualifiant d’injustes et déséquilibrées.
Dans un communiqué, Kigali a estimé que ces mesures « ciblent un seul côté du processus de paix » et déforment la réalité du conflit dans l’est de la RDC. Le Rwanda accuse la RDC de violer à plusieurs reprises les cessez-le-feu par des attaques de drones et des offensives terrestres ayant causé des victimes civiles.
Kigali affirme rester engagé en faveur du retrait de ses forces, à condition que la RDC respecte simultanément ses propres engagements, notamment la cessation de tout soutien au groupe rebelle FDLR et aux milices alliées connues sous le nom de « Wazalendo ».
Réaction de la RDC
Le gouvernement de la RDC a salué les sanctions américaines, les qualifiant de signal fort en faveur de l’intégrité territoriale du pays et de la mise en œuvre de l’Accord de Washington.
Kinshasa a souligné que la paix durable dans l’est du Congo et dans la région des Grands Lacs nécessite la fin de tout soutien aux groupes armés, le respect strict de la souveraineté nationale et l’adhésion au droit international.
Contexte général
Le conflit dans l’est de la RDC s’est ravivé fin 2021, bien que l’instabilité dans la région persiste depuis près de trois décennies. Les États-Unis affirment soutenir fermement les efforts de paix et de stabilité dans l’est du Congo et dans l’ensemble de la région des Grands Lacs.
Dans une récente allocution nationale, le président Donald Trump a déclaré qu’au cours des dix premiers mois de son administration, il avait contribué à mettre fin à huit conflits dans le monde, y compris ce qu’il a qualifié de guerre entre la RDC et le Rwanda.
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